Lola Dewaere

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Paris à contre-jour a interviewé Lola Dewaere.
Actrice, comédienne, vous avez pu la découvrir dans le film « Mince alors ! » réalisé par Charlotte De Turckheim également sur les planches dans la pièce de théâtre « Une folie » de Sacha Guitry, mise en scène de Francis Huster et dernièrement sur TF1 dans les séries, « Le Tueur du lac » et « La Vengeance aux yeux clairs. »

 

Fille du célèbre acteur Patrick Dewaere, Lola l’aura connue au travers de l’acteur et plus intimement par les paroles de sa mère, de Miou-Miou et des amis de Patrick.
Lola nous parle avec réserve de son terrible accident, de son cheminement vers le métier « d’actrice. »
Nos écrans manquent de ces actrices aux formes voluptueuses, où les conventions cinématiques obligent les copiés-collés du passe-partout, mais il en faut pour tous les goûts vous me direz, alors en regardant Lola à l’écran, au théâtre, vous serez apprivoisés par sa différence.

Un vrai clin d’oeil à nos actrices des années 50-60.

Bien plus encore, Lola est une femme de caractère, qui nous parle avec passion, authenticité et une sagesse certaine, sensible à la spiritualité et dotée de vraies valeurs. Si vous ne connaissez pas Lola Dewaere, Paris à contre-jour espère vous faire découvrir cette talentueuse comédienne.

PACJ: Parle nous de ton parcours artistique un ou les moments que tu n’oublieras jamais ?
Lola D –  Ma mère me disait « tu veux pas rentrer au cours Florent, tu veux pas essayer d’être comédienne ? »
J’avais 17 ans quand je me suis enfin décidée à rentrer au cours Florent. C’était l’enfer pour moi, j’étais timide, je me trouvais dans un autre monde soumis à une ambition de vorace. Je suis quand même passée en classe supérieure. Mais dans cette carrière prévue j’ai vécu un trou temporaire de 7 ans, un terrible accident de voiture, j’ai dû surmonter 7 années de convalescence entre rétablissement psychologique et physique… Je ne devrais plus être là pour en parler. Puis j’ai continué ma vie, travaillant dans plusieurs domaines, hôtesse d’accueil, serveuse, femme de ménage, assistante de direction.
Aussi, dans ma famille ils disaient tous et tout le temps « Elle sera actrice ! »
Il m’en aura fallu du temps pour me lancer, j’ai commencé dans le métier d’actrice vers 29-30 ans.

PACJ: Ton premier rôle ?
Lola D – Ma première expérience c’est Myriam Boyer (maman de Clovis Cornillac) qui me l’a offerte, avec son téléfilm « La vie devant soi. » Il s’agit de l’adaptation du roman éponyme de Romain Gary.

Myriam Boyer est la première réalisatrice qui m’a désiré.

PACJ: Être actrice, cela représente quoi pour toi ?
Lola D – Être actrice c’est le yin et le yang, je l’ai voulu et je le rejette aussi. C’est un métier généreux, mais il oblige à de grands sacrifices de soi, il est fait de bonheur et de tristesse. Il faut être complètement passionné pour le faire, sinon cela peut être frustrant et triste, très triste.

PACJ: Entre le théâtre et le cinéma quel est ta préférence et pourquoi ?
Lola D – Ce sont deux métiers différents, qui procurent des sensations différentes ! J’aime les deux, même si ma personnalité se trouve plus en accord avec le théâtre, c’est plus libre, c’est aussi une continuité et surtout c’est plus rassurant, j’aime ce         « one shoots. »

PACJ: Femme bipolaire « Mathilde » dans la série « le tueur du lac» un rôle que tu as ressenti comment ?
Lola D – Jouer Mathilde était un rôle noir, que j’ai trouvé intéressant. On a souvent tendance à me proposer les mêmes rôles mais la richesse d’un comédien est souvent de jouer ce qu’il n’a jamais joué.

PACJ: Ton prochain projet ?
Lola D – Je vais jouer dans le prochain long de Pascal Thomas.

PACJ: Quel approche as-tu avec la mort ?
Lola D – La mort fait partie de ma vie, d’abord avec mon père mais aussi tous les décès vécus dans ma famille, c’est comme si je m’y étais habituée. On vit avec une épée de Damocles… Ce qui est très étrange c’est que la mort n’est pas tragique pour moi, je reste sereine…

Je suis très attirée par la spiritualité, j’ai ce côté rationnel et très mystique à la fois.

PACJ: Ton livre préféré ?
Lola D – « Chez-soi » de Mona Chollet et « Discours sur l’origine de l’univers » de Étienne Klein.

PACJ: Tu aimes les réseaux sociaux ?
Lola D – J’adore ! j’en suis complètement addict, mais mon travail m’oblique à sortir, sinon je préfère rester chez moi, j’aime être chez moi, mon côté solitaire. En plus ce qui a de bien avec les réseaux c’est qu’on n’est pas obligé de se voir en vrai.
Mais pour les adolescents, cela peut-être dangereux et destructeur, il faut rester vigilant.

PACJ: Tu as fait une série de superbes photos, visible sur les réseaux, on ne te reconnaît pas, parle nous en ?
Lola D – Oui, ce sont des photos inspirées du film « Mulholland drive » de David Lynch pour le blog « LE BLOG DE L’ÉFFRONTÉE » par mon amie Amandine Maugy. http://leblogdeleffrontee.fr

PACJ: Quel est le/la réalisateur/trice dont tu adorerais tourner ?
Lola D – Sans hésitation, j’aimerais tourner avec la réalisatrice Emmanuelle Bercot, mais aussi Mona Achache, Marie Amachoukeli et Virginie Despentes qui vient de tourner son film Vernon Subutex.
J’ai envie de tourner qu’avec des femmes et pourtant je ne suis absolument pas féministe, mais j’aime leurs travailles. Et sans hésitation, s’il était vivant, John Cassavetes.

PACJ: Lola aurais-tu aimer jouer avec ton père ?
Lola D – Oui,  j’aurai tellement aimé jouer avec Patrick Dewaere ! Mais avoir son rôle, entre autres dans le film « coup de tête, » la scène dans la chambre d’hôtel, du serveur mort de peur avec le plateau qui tremble et Patrick Dewaere qui se touche le nez d’un geste agressif et fait encore plus peur au serveur, alors oui je préfère jouer son rôle !

PACJ: Lola quel message voudrais-tu dire au monde entier ?
Lola D – En ce moment ce qui me rend malade c’est la souffrance des animaux ! Et notre planète, comment pouvons-nous être aussi destructeurs, nous ne sommes pas assez reconnaissants envers notre planète.
J’aime l’être humain et je fonde l’espoir pour un monde meilleur !

Il faut que l’on ait vraiment tous une prise de conscience !

Interview Sophie Queyroi